dt \ elle dut lutter contre la pauvreté. Les professeurs d'alors se plaignent, qui de la pauvreté de la maison, qui du dénuement de la bibliothèque trop peu garnie ; pour comble de malheur, le feu, en 1893, consuma le presbytère où se trouvaient caisse et bibliothèque (1). La pauvreté, par un grave contre-coup, mit en péril la destination même de la maison. Le gouvernement de la pro- vince offrait un subside (800 à 1.000 dollars), à condition que le collège voulût bien servir d'académie officielle, — école primaire supérieure — pour les jeunes Acadiens du comté. Ne valait-il pas mieux rester sans liens officiels capables de compromettre l’œuvre de l'éducation française ? Voulant à tout prix diminuer ses dettes, et surtout préparer les jeunes Acadiens, qui désireraient des titres officiels dans les écoles publiques du pays, la maison accepta l'offre dangereuse du gouvernement, tout en prévoyant les complications qu’appor- teraient dans les programmes deux institutions différentes : un collège français doublé d’une académie anglaise. Cet arrangement dura jusqu’en 1905 ; depuis lors, le collège demeura purement classique. En 1892, la maison obtint du gouvernement de la Nouvelle-Écosse le titre d'université. Sa réputation s'étendait dans le pays ; le nombre des élèves s’ac- croissait, aussi dut-elle s’agrandir en 1898 ; de vastes salles de récréation et d'étude, une chapelle très convenable s'adjoi- gnirent à l’ancien immeuble. Ainsi, libéré des difficultés de construction qui avaient tant gêné sa fondation, le collège allait porter des fruits abondants. Mais dans la nuit du 16 janvier 1898, de tout cet édifice qui avait coûté tant de travail et tant de sacrifices, le feu ne laissait qu'un monceau de ruines. (1) Dagnaud, p. 234, re Es Sn +5 SE ARS sé ! À mA us MD TS LE ES Le à