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Il fallait ne pas connaître le caractère français pour croire que la persécution püût briser les Acadiens : il y a cinquante ans à peine, leur sang coulait encore pour la défense de leurs écoles. Fasse le ciel que ces jours, si glorieux qu'ils puissent être pour nous, ne se renouvellent plus pour l’hon- neur de la civilisation. Libre aujourd’hui pour sa religion, puisse l’Acadien jouir bientôt de la liberté complète de parler et d'enseigner sa langue, ce droit si intime, si inséparable de la nature humaine, qu’il suffit qu’on l’attaque pour que tout ‘être tressaille et se révolte. Quand sonnera cette heure ardemment désirée, l’'Acadien chantera son entière délivrance, et, oubliant le passé, saluera avec le même amour et le même enthousiasme, la France qui lui a donné la vie, l'Angleterre qui lui aura rendu la liberté.